Un processus est réellement automatisable par IA s'il est déjà décrit précisément, a un volume qui justifie le coût, tolère une erreur détectable et réparable, et accepte une validation humaine au départ. Sinon, une règle simple fait mieux le travail.
Le piège du projet IA
« On devrait faire de l'IA là-dessus » n'est pas un cas d'usage. C'est une technologie qui cherche un problème. Les projets qui échouent partagent le même profil : un processus flou, un ROI jamais chiffré, et une validation humaine oubliée.
Le filtre en cinq questions
Avant d'envisager l'IA, un processus candidat doit passer ce filtre :
- Le processus est-il déjà décrit précisément ? Si trois personnes décrivent trois processus différents, l'automatisation codifiera le chaos.
- Le volume justifie-t-il le coût ? Une tâche manuelle de deux heures par mois ne mérite pas un pipeline. Deux heures par jour, oui.
- L'erreur est-elle détectable et réparable ? Un processus où une erreur passe inaperçue jusqu'au client n'est pas automatisable — c'est automatisable après avoir ajouté un contrôle.
- Peut-on valider humainement au début ? Les meilleurs systèmes démarrent en « proposition avec revue », gagnent en autonomie quand la mesure le prouve.
- L'IA apporte-t-elle quelque chose qu'une règle simple ne fait pas ? Beaucoup de « cas IA » sont des cas de calcul, de validation de format ou de simple orchestration. Une règle coûte moins, échoue moins, et s'explique.
Les candidats qui passent le filtre
Ceux où la donnée est textuelle ou non structurée, où le jugement humain est un goulot, et où le taux d'erreur tolérable est documenté : tri de demandes entrantes, pré-remplissage de documents, extraction structurée, premier passage de contrôle qualité.
Les candidats à rejeter
Les processus où l'erreur est irréversible, où le volume est faible, où les règles changent chaque mois, ou où personne ne sait décrire le processus de référence.
Le premier livrable n'est pas un prototype
C'est une mesure : temps actuel, taux d'erreur actuel, volume. Sans ces trois chiffres, aucun projet d'automatisation ne peut être jugé. Avec eux, la décision devient arithmétique.